Histoire de Clairvaux



Histoire de l'abbaye


C'est au Val d'Absinthe qu'un jeune père abbé, le futur Bernard de Clairvaux, et quelques moines venus de Cîteaux, vinrent défricher, il y a neuf siècles, une clairière de terre aride au cœur de la vieille forêt gauloise qui couvre les collines et les vallées des confins de la Champagne et de la Bourgogne. Cette terre de silence et de pauvreté va devenir pour la postérité la grande abbaye de la "claire vallée", Clara vallis, plantée de vignes et animée de granges, de forges et de moulins. Haut-lieu de l'histoire religieuse, forte de centaines de filiations à travers l'Europe, définitivement imprégnée de la spiritualité cistercienne, Clairvaux restera une abbaye puissante jusqu'à la Révolution qui la confisque et la vend à un industriel. 

Cliquer sur les plans pour les agrandir.

Plan du "Petit Clairvaux" (1115-1135) © La vie en Champagne.
Plan du "Petit Clairvaux" (1115-1135) © La vie en Champagne.
Plan de l'Abbaye médiévale (1135-1708) © La vie en Champagne.
Plan de l'Abbaye médiévale (1135-1708) © La vie en Champagne.
Plan de l'Abbaye du XVIIIè © La vie en Champagne.
Plan de l'Abbaye du XVIIIè © La vie en Champagne.


La bibliothèque de Clairvaux


Les moines de Clairvaux n’allaient pas couper des arbres en forêt ni aux champs pour faire la moisson. Il leur fallait travailler au sein de l’abbaye, jamais loin de l’abbatiale où ils devaient se rendre sept fois par jour pour chanter les psaumes.

Leur travail était au “scriptorium” pour copier et recopier inlassablement les livres saints et les grandes œuvres de la littérature grecque et latine. Il fallait doter de livres les abbayes de la filiation au fur et à mesure des créations. La tradition bénédictine voulait que la calligraphie soit riche de dessins et de couleurs. Les moines étaient maîtres en enluminures.

Bernard de Clairvaux intervint et demanda que les manuscrits – comme l’architecture – traduisent l’ascèse de la condition monastique. Les enluminures claravalliennes devinrent monochromes. Le scriptorium de Clairvaux était organisé de telle sorte que l’abbaye dispose toujours d’un fonds de 1800 ouvrages. Après le XVIe siècle, l’abbaye développa sa bibliothèque par achats de fonds de bibliophiles. À la Révolution, elle comportait plus de 40 000 ouvrages.

Par mesure de sécurité, les autorités locales les firent transporter à Troyes.

On peut toujours aller admirer la cathédrale de livres reconstitué à la Médiathèque du Grand Troyes. Ce fonds Clairvaux est la plus importante collection médiévale française. On peut notamment y admirer la Grande Bible de saint Bernard, en six tomes, terminée en 1151. 

 

Les archives et la Bibliothèque de Clairvaux ont mené une campagne de numérisation de l'ensemble des manuscrits. Ces numérisations ont été mises en ligne sur le site "Bibliothèque Virtuelle de Clairvaux" en 2015 dans le cadre des 900 ans de la fondation de l'abbaye. 


La prison de Clairvaux


 

En 1808, Napoléon modifie le régime pénal français et rachète Clairvaux pour en faire la plus grande prison de son temps. Les vénérables murs de l'abbaye abriteront des détenus jusqu'en 1971.

L'histoire de Clairvaux prison accompagne l'histoire de France, une histoire des grands procès et des détenus politiques célèbre. Les premiers détenus furent, en 1813, des insoumis de la grande armée napoléonienne. En 1832, Clairvaux devient au centre d'un nouveau débat de société grâce à Victor Hugo exaltant la triste destinée d'un détenu appelé Claude Gueux pour en faire son premier ouvrage contre la peine de mort. Puis en 1848 avec Georges Duchesne et en 1871 avec les communards, Clairvaux devient la prison des révolutionnaires. Blanqui y sera au mitard pendant de longs mois. Le prince Kropotkine et les anarchistes de Lyon se retrouvèrent à Clairvaux en 1883. Puis les insoumis de Verdun en 1916, les mutins de la mer Noire en 1921, des cagoulards en 1934, des résistants - dont Guy Mocquet - entre 1940 et 1944, plusieurs ministres de Vichy et des collaborateurs à la Libération, des responsables du FLM et trois des généraux putschistes pendant la guerre d'Algérie, des autonomistes et des acteurs du terrorisme international, la litanie est grande et provoque le besoin de comprendre le sens des actions criminelles de droit commun pour motifs politiques. 

 

L'ensemble de ces photographies sont issues du studio Henri Manuel du fonds historique de l'ENAP proviennent d'une série de reportages sur les établissements pénitentiaires réalisés entre 1928 et 1932, à la demande du ministre de la Justice. Ces témoignages exceptionnels sur la vie quotidienne des détenus et des personnels dans l'Entre-deux-Guerres (plus de 1 000 clichés) concerne 22 établissements pour adultes (16 maisons d'arrêt et 6 maisons centrales) et 9 établissements pour mineurs (maisons d'éducation surveillée, colonie correctionnelle, école de réforme, école de préservation, prison de la Petite-Roquette à Paris).