Hommages à Jean-François LEROUX, Président de l'Association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux de 1983 à 2021

Crédit photo : Alain Escudier
Crédit photo : Alain Escudier

 

Jean-François, nous sommes orphelins.

 

Nous, c’est-à-dire tous ceux qui, en vous, avaient trouvé une épaule paternelle sur laquelle prendre appui au sein de l’association Renaissance de l’abbaye de Clairvaux. Qu’ils soient salariés ou bénévoles, ils savaient que rien de fâcheux ne pouvait leur arriver. Aussi, c’est avec plaisir qu’ils venaient à Clairvaux et qu’ils remplissaient quelques tâches ô combien utiles, pour la réussite de telle manifestation, tel colloque, tel concert...Je vais vous vouvoyer, Jean-François, parce que je m’adresse à « notre cher Jean-François » au nom de tous ceux et celles qui ont travaillé avec vous. Vous, Jean-François, vous avez œuvré ; nous, nous avons travaillé. Mais comme vous le souligniez souvent, les petites mains sont très utiles, car sans elles rien ne se fait correctement ! Sachez que pour ces petites mains ce fut un plaisir de travailler avec vous.

 

 

Oui, Jean-François, nous sommes orphelins.

Nous savions bien qu’un jour ça arriverait, qu’un jour nous n’aurions plus votre épaule sur laquelle nous appuyer ; nous savions qu’un jour il faudrait continuer, sans vous. Mais mon dieu ! Que cela va être difficile ! On dira : « Mais enfin, Jean-François vous a tracé la voie, vous a laissé des empreintes, vous n’avez qu’à les suivre ! Vous mettre dans ses pas ! » C’est plus facile à dire qu’à faire. Quand une équipe perd son capitaine – pas au sens militaire, ah non ! On n’était pas avec le doigt sur la couture du pantalon ! - elle perd ce qui la rendait forte. Elle est orpheline.

 

Oui, Jean-François, l’équipe de la Renaissance de l’abbaye de Clairvaux et les adhérents de l’association sont orphelins.

Depuis ce funeste 22 février où vous avez été terrassé, brutalement, par un arrêt cardiaque. Votre cœur vous a lâché. Ce cœur qui était gros comme ça ! Une expression qui n’est pas galvaudée ici tant elle est vraie pour dire votre passion pour Clairvaux, pour ce site qui avait accueilli des cohortes de moines et frères convers depuis 1115 et saint Bernard puis des détenus depuis 1808 jusqu’à aujourd’hui. Une double thématique qui vous a sans doute interpellé dès votre plus jeune âge, à la suite d’une visite caritative avec votre papa. Votre cœur, votre passion feront le reste : un homme érudit, passionné, passionnant et écouté. Alors la belle endormie – vous aurez à cœur de dire lors d’une première visite que l’abbaye n’avait pas ouvert ses portes depuis huit siècles – s’éveillera. Avec en point d’orgue la commémoration de sa fondation en 2015. Quel événement ! Mais, une abbaye, ne se réduit pas qu’à ses pierres aussi belles soient-elles. Et elles le sont, mon dieu, à Clairvaux ! Il lui faut de la musique. Celle chantée par les moines aux offices, bien entendu, mais aussi celle de compositeurs plus proches de nous, que saint Bernard apprécierait sûrement. Votre passion pour la musique, fera de Clairvaux un lieu de grands concerts. Sans imposer quoi que ce soit, avec toujours le respect des idées des autres, à leur écoute, en toute bienveillance. Bienveillance et confiance toujours lors des conseils d’administration où vous avez, rapidement, laissé la parole à Carine pour présenter les différents bilans de l’association et ses projets futurs. Confiance toujours en tous vos salariés et bénévoles. Elle était réciproque évidemment.

 

Oui, Jean-François, nous sommes orphelins.

Mais comme tout orphelin, nous saurons relever la tête, faire face à l’adversité qui s’appelle désarrois, peur de mal faire. Nous dirons souvent « que ferait Jean-François ? ». Et puis nous ferons en sachant, que depuis quelque part, vous nous guiderez.


Vidéo des obsèques civiles de Jean-François LEROUX qui se sont tenues le 27 février 2021

dans le dortoir des convers de l'abbaye de Clairvaux :


Hommage à Jean-François Leroux, par Anne WELTI (bénévole de l'Association Renaissance de l'Abbaye de Clairvaux) :

 

Dans le dernier magazine paroissial de Bar-sur-Aube, paru juste avant son décès, longue interview de Jean-François sur Clairvaux : « Première visite publique en 1985….Petit à petit en raison d’adaptations successives, le guide ne fut plus accompagné, le parcours fut agrandi, le  nombre de visites augmenté, l’Hostellerie des Dames fut accordée pour l’accueil. »

 

Cet exercice, parler de l’historique du développement de l’Association Renaissance de l’Abbaye de Clairvaux, sans évoquer son action propre, Jean-François le faisait chaque année avec maestria à l’Assemblée générale de l’Association. Car toutes les phases de croissance de l’Association ont été imaginées, conçues, développées et réalisées grâce à son inlassable travail. Quelle différence entre aujourd’hui et 1985 : un seul guide, Jean-François, et la vente des billets dans le coffre de la voiture de M. Basle. Que de démarches innombrables auprès des maires, auprès du Conseil général, entre autres, pour le financement de l’Association, auprès des quatorze directeurs successifs de l’Administration pénitentiaire pour obtenir des autorisations, et pour l’occupation de l’Hostellerie des Dames par bail emphytéotique dont il a dessiné le plan de rénovation. Au sujet de ces directeurs, il me confia « Je me suis toujours bien entendu avec eux» : c’était bien grâce à son caractère affable, courtois, très attentif à autrui. C’est d’ailleurs une de ses principales caractéristiques, très rare : être un homme de passion, prêt à se lancer dans ses sujets de prédilection, mais aussi capable d’écouter avec intérêt son interlocuteur. C’est encore lui qui a engagé Carine Masson, devenue cheville ouvrière et secrétaire générale de l’Association, elle a travaillé avec Jean-François pendant vingt-deux ans. C’est toujours Jean-François qui a trouvé une à une les guides et les employées administratives bénévoles, puis peu à peu les guides salariées, en faisant cohabiter ce petit monde disparate.

 

Voilà, cher Jean-François, il faudra écrire une histoire de la réfection des bâtiments de Clairvaux pour mettre en lumière toutes les transformations entreprises sous votre houlette chaleureuse, bienveillante et ô combien efficace.

 

On ne parle pas de vous au passé, vous êtes toujours avec nous.

 

Notre reconnaissance va aussi à Marie-Ange qui a permis à son mari de vivre sa passion et d’être présente dès qu’il était nécessaire avec autant d’efficacité et de gentillesse que son époux.