L’histoire de Clairvaux prison accompagne l’histoire de France, une histoire des grands procès et des détenus politiques célèbres. Les premiers détenus furent,
en 1813, des insoumis de la grande armée napoléonienne. En 1832, Clairvaux devient au centre d’un nouveau débat de société grâce à Victor Hugo exaltant la triste destinée d’un détenu appelé Claude Gueux pour en faire son premier ouvrage
contre la peine de mort. Puis en 1848 avec Georges Duchesne et en 1871
avec les communards, Clairvaux devient la prison des révolutionnaires. Blanqui y sera au mitard pendant de longs mois. Le prince Kropotkine et les anarchistes de Lyon se retrouvèrent à Clairvaux en 1883. Puis des insoumis de Verdun en 1916, les mutins
de la mer Noire en 1921, des cagoulards en 1934, des résistants – dont Guy Mocquet – entre 1940 et 1944, plusieurs ministres de Vichy et des collaborateurs
à la Libération, des responsables du FLN et trois des généraux putchistes pendant la guerre d’Algérie, des autonomistes ou des acteurs du terrorisme international, la litanie est grande et provoque le besoin de comprendre le sens des actions criminelles de droit commun pour motifs politiques