Les moines de Clairvaux n’allaient pas couper des arbres en forêt ni aux champs
pour faire la moisson. Il leur fallait travailler au sein de l’abbaye, jamais loin de l’abbatiale où il devait se rendre sept fois par jour pour chanter les psaumes.
Leur travail était au “scriptorium” pour copier et recopier inlassablement les livres saints et les grandes œuvres de la littérature grecque et latine. Il fallait doter de livres les abbayes de la filiation au fur et à mesure des créations. La tradition bénédictine voulait que la calligraphie soit riche de dessins et de couleurs. Les moines étaient maîtres en enluminures. Bernard de Clairvaux intervint et demanda que les manuscrits – comme l’architecture – traduisent l’ascèse de la condition monastique.
Les enluminures claravalliennes devinrent monochromes. Le scriptorium de Clairvaux était organisé de telle sorte que l’abbaye dispose toujours d’un fonds de 1800 ouvrages. Après le XVIe siècle, l’abbaye développa sa bibliothèque par achats de fonds de bibliophiles. À la Révolution, elle comportait plus de 40 000 ouvrages.
Par mesure de sécurité, les autorités locales les firent transporter à Troyes.
On peut toujours aller admirer la cathédrale de livres reconstitué à la Médiathèque
de l’Agglomération troyenne. Ce fonds Clairvaux est la plus importante collection médiévale française. On peut notamment y admirer la Grande Bible de saint Bernard, en six tomes, terminée en 1151.